Un artisan présente sa carte professionnelle à une propriétaire sur le pas de sa porte

Vérifier qu'un artisan est sérieux : 6 preuves à exiger

Le sérieux d'une entreprise du bâtiment ne se juge ni au site internet, ni à la camionnette. Six documents et vérifications, tous obtenables avant la signature, en disent plus long que n'importe quelle impression.

Choisir une entreprise de travaux se fait souvent sur des signaux faibles : le bouche-à-oreille, l'apparence du matériel, la rapidité à répondre. Ces signaux ne sont pas absurdes, mais ils ne remplacent pas les six vérifications ci-dessous, qui reposent toutes sur des documents que vous pouvez demander avant de signer quoi que ce soit.

Aucune ne demande de compétence technique. Toutes se font en une soirée.

1. L'attestation d'assurance décennale, lue en détail

C'est la vérification la plus importante, et la plus souvent expédiée. La garantie décennale couvre pendant dix ans à compter de la réception les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Le professionnel doit remettre son attestation avant l'ouverture du chantier, et elle doit être jointe au devis comme à la facture.

Trois points comptent au-delà de la simple présence du document.

La période de validité, d'abord : l'ouverture du chantier doit intervenir pendant la durée de couverture du contrat. Une attestation expirée en cours de chantier ne protège pas rétroactivement.

Les activités déclarées ensuite, et c'est le point décisif. Seuls les travaux mentionnés dans le contrat d'assurance sont couverts. Une entreprise assurée en plomberie et chauffage qui vous propose en complément la maçonnerie d'une reprise de mur n'est pas couverte pour cette partie, même si l'attestation est authentique et à jour.

L'identité de l'entreprise enfin, qui doit être exactement celle qui signe le devis.

2. L'existence juridique et l'ancienneté

Le numéro d'identification figurant sur le devis permet de vérifier que l'entreprise existe, depuis quand, sous quelle forme et pour quelle activité déclarée. Ce n'est pas un jugement de qualité, mais l'information écarte deux cas de figure : la société créée le mois dernier pour un démarchage saisonnier, et l'entreprise dont l'activité déclarée n'a rien à voir avec les travaux proposés.

L'ancienneté n'est pas un critère absolu, une entreprise récente peut être excellente, mais elle se combine utilement avec la question des garanties : une décennale n'a de valeur que si l'entreprise est encore là, ou à défaut si son assureur l'est.

3. La carte professionnelle du BTP

Les salariés du bâtiment doivent détenir une carte d'identification professionnelle, délivrée par CIBTP France . Elle est nominative, comporte une photo et se vérifie.

Sur un chantier, elle sert à savoir qui intervient réellement chez vous. Sur un devis, sa mention et la disposition de l'entreprise à en parler renseignent sur son rapport à la règle. Une entreprise qui déclare ses salariés le dit sans hésiter.

4. Les qualifications, quand elles conditionnent une aide

Deux registres distincts sont souvent confondus.

Les qualifications professionnelles attestent d'un savoir-faire vérifié par un organisme tiers : elles se vérifient sur l'annuaire public de l'organisme qui les délivre, comme Qualibat pour les métiers du bâtiment, avec une date de validité et un domaine précis.

Le label RGE, lui, conditionne l'accès à la plupart des aides à la rénovation énergétique. Son obtention suppose notamment une attestation de l'Urssaf datée de moins de trois mois au dépôt du dossier, et des attestations d'assurance en responsabilité civile et en responsabilité construction en cours de validité, en plus de critères de moyens techniques et humains.

Le piège classique tient en une phrase : le RGE doit correspondre au geste financé. Une entreprise qualifiée pour l'isolation ne vous ouvre pas droit à l'aide sur une pompe à chaleur. Vérifiez la mention exacte, pas le logo.

5. Les références vérifiables, pas les photos

Une galerie de réalisations ne prouve rien : les photos circulent. Une référence utile comporte une commune, une nature de travaux, une année, et l'accord du client précédent pour être contacté.

Deux questions valent d'être posées à cette personne, et elles ne portent pas sur la satisfaction générale. La première : le chantier a-t-il tenu le délai annoncé, et sinon pourquoi. La seconde : y a-t-il eu des travaux supplémentaires facturés en cours de route, et pour quelles raisons. Les réponses renseignent sur la qualité du devis initial autant que sur celle de l'exécution.

6. Le comportement commercial lui-même

Certains signaux ne se lisent pas dans un document.

La pression sur la décision en est un. Une remise qui disparaît si vous ne signez pas le jour même n'est pas une remise, c'est une technique. Si le devis a été accepté à la suite d'un démarchage à domicile, vous disposez de quatorze jours pour vous rétracter, sauf travaux ou réparations d'urgence, ce qui explique l'insistance de certains vendeurs sur l'urgence d'une situation qui n'en est pas une.

Le démarchage lui-même est encadré. Le vendeur doit remettre un document précontractuel d'information mentionnant notamment son identité, celle de l'entreprise dont il distribue les produits, les caractéristiques du bien ou du service, le prix, les conditions de rétractation avec le formulaire type, et le médiateur de la consommation compétent. Le démarchage est par ailleurs interdit lorsque le consommateur a manifesté clairement son refus d'être visité.

Le refus de détailler une ligne du devis est un dernier signal. Une entreprise qui décrit précisément son travail n'a aucune raison de refuser de l'écrire.

Ce que ces six vérifications ne disent pas

Elles ne garantissent pas la qualité d'exécution : une entreprise en règle peut mal poser un carrelage. Elles écartent en revanche la catégorie d'accidents la plus coûteuse, celle du chantier confié à une entreprise non assurée pour ce qu'elle fait, ou qui disparaît avant la fin.

C'est la raison pour laquelle ces contrôles se font avant la signature, et non au premier désaccord.

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